Pendant longtemps, j’ai essayé de faire taire la petite voix créative en moi. On nous répète si souvent que l’art est une « passion », pas un « vrai métier ». Alors, j’ai enfoui cette part de moi, la laissant revenir par vagues, comme un secret qu’on n’assume pas tout à fait. Jusqu’au jour où mon corps a dit « stop » et que la création d’Odara s’est imposée à moi.

Ma santé a explosé. Je me suis retrouvée avec un corps capricieux qui ne répondait plus et un esprit en surcharge constante. La douleur est devenue ma seule compagne, s’invitant à chaque minute, chaque seconde, sans qu’aucun remède médical ne puisse me soulager. C’est dans ce silence forcé, face à l’immobilité, que la création est revenue frapper à ma porte.

Image d'un bonhomme en bois devant une colonne de feutre à alcool et feutre acrylique.

Sans trop y croire, j’ai installé un bureau. J’ai commandé quelques médiums, des crayons, des pinceaux. Je me suis dit : « C’est juste pour colorier ». Un simple passe-temps pour occuper les heures de souffrance. Mais ce « juste pour colorier » s’est transformé en « juste quelques dessins », puis en une évidence. Le refuge que je me suis construit a fait sauter toutes les barrières que je m’étais imposées.

Dans ces moments-là, je n’étais pas seule. Odin, mon chien, était toujours là. Il surveillait d’un œil mi-clos, veillant sur moi avec cet amour loyal et incomparable que seuls les animaux savent offrir. Sous sa bonne garde, j’ai recommencé à respirer. Voici une petite photo du loulou dans son jeune âge :

Un chien dans une pleine près d'un lac en montagne.

Odara est née de cette bulle de respiration. Quand je dessine ou que j’écris, je ne suis plus dans un corps qui souffre. Je pars ailleurs. Je m’installe sur un banc, face à un lac dont l’eau oscille entre le bleu turquoise et le bleu outremer. Chaque illustration que vous verrez ici, chaque palette que je compose, est un fragment de ce monde. Et c’est exactement là-bas que j’ai envie de vous emmener.

Partie 1 : De la saturation à l’observation

Pour moi, regarder une image n’est jamais un acte passif. Ce n’est pas juste une juxtaposition de traits noirs ou un mélange de pigments sur du papier. C’est une invitation au voyage. Face à un coloriage, une photo ou une palette, je me pose toujours la même question : « Où l’artiste veut-il m’emmener ? ».

C’est avec la pratique, et surtout en apprenant à lâcher prise, que j’ai compris la puissance de cet exercice. Le mouvement répétitif de la main sur le papier agit comme une ancre ; il calme l’esprit et apaise le vacarme intérieur. Colorier, c’est un peu comme se raconter sans avoir besoin de parler.

Mais j’ai vite compris que le plus important n’était pas la technique, mais l’écoute de soi. C’est cette intention que j’aimerais vous transmettre à travers Odara. S’écouter vraiment, sans jugement et sans chercher la perfection, permet d’ouvrir des portes insoupçonnées.

Partie 2 : Le coloriage comme ancre

Colorier, c’est avant tout une action physique qui impose la lenteur. On sent le cœur qui ralentit son pas, la respiration qui se fait plus profonde. Dans ce tête-à-tête avec l’illustration, le corps n’est plus un obstacle ou une source de douleur, il devient l’instrument d’une sérénité retrouvée.

Dans nos vies, tout nous pousse à la performance et au contrôle. Sur la page d’Odara, je veux que la perfection n’ait pas sa place. Faire une erreur, dépasser d’un trait ou choisir une nuance inattendue ne gâche rien : cela donne de la vie. Lâcher prise c’est s’autoriser à respirer.

Parfois, les mots sont trop lourds, trop précis ou simplement absents. Utiliser la couleur, c’est laisser parler sa météo intérieure. C’est une libération qui permet de sortir de soi ce qui pèse, et de le transformer en quelque chose de visuel, de palpable et, finalement, de beau. Mon tout premier coloriage ressemblait à ca, vous pouvez retrouver le lien du coloriage vierge ici :

Coloriage de chat de différente couleurs

Partie 3 : Partager la douceur (La mission d’Odara)

Mon désir le plus profond avec Odara est de sortir de l’isolement que la souffrance ou la différence imposent parfois. Odara est une veille, une garde silencieuse pour tous les cœurs qui ont besoin d’un refuge. C’est une invitation à partager une partie de votre chemin avec moi, avec nous… car n’oubliez jamais qu’Odin n’est jamais loin.

C’est pour cela que j’ai imaginé “Odara”. Ce n’est pas un défi de performance, c’est une invitation à créer ensemble, sans aucune pression de résultat. C’est un espace sûr, un territoire tranquille où l’on a le droit d’essayer, de rater, et de recommencer.

Parce que je sais que le quotidien est parfois une lutte, l’accessibilité est au cœur de ma démarche. De temps en temps, un petit cadeau fait du bien. Vous offrir des petites attentions — une palette inspirante, un lineart à colorier — est essentiel pour moi.

Conclusion : Une invitation au voyage immobile

Nous sommes tous, un jour ou l’autre, en quête de notre propre lac aux eaux turquoise, de notre propre banc face aux montagnes vertes. Odara est ma façon de partager le mien avec vous.

Vous n’êtes pas seuls dans votre besoin de lenteur et de douceur. Quel que soit votre parcours, quelle que soit votre douleur, j’espère que vous trouverez ici un fragment de cette paix que j’ai découverte sous le regard bienveillant d’Odin.

Alors, êtes-vous prêts à prendre un instant pour vous, loin du tumulte ? Posez-vous un instant sur le banc à mes côtés. Le vent souffle doucement dans les herbes hautes, et la page blanche n’attend que votre lumière.

Et vous, quel est l’endroit, réel ou imaginaire, qui vous permet enfin de respirer ?

Lac du corbeau, refuge d'une grande beauté

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